L'infographie Paysagère

Dominique Billet, Florilan dominique.billet@wanadoo.fr

 

I.     Introduction

II.       Objectifs et moyens

A.       Pourquoi l'infographie paysagère
B.       Les domaines de l'infographie paysagère
C.       Types de logiciels

III.      Intrégration de l'infographie en bureau d'études

A.       Les bonnes questions
B.       Comment s'y prendre?

IV.      Conclusion

I.    Introduction

L’infographie est une nouvelle pratique qui s’offre aux bureaux d’étude. Sa nécessité et son utilité sont parfois débattues, ainsi qu’on le verra ci-dessous.  Sous le vocable finalement très large d’infographie paysagère, on trouve une série de domaines très différents, servis par des logiciels dont on tentera une typologie. Enfin quelques pistes utiles aux bureaux d’études désirant intégrer l’infographie paysagère seront abordées.

II.Objectifs et moyens

A.   Pourquoi l'infographie paysagère

1.      Un langage commun

Le bureau d'étude ne travaille pas en autarcie. Il reçoit des données -notamment graphiques- de divers intervenants situés en amont du projet (géomètres, par exemple); il en fournit à d'autres situés en aval (entreprises réalisant les travaux). Au cours de la phase d'études, un va-et-vient s'établit avec d'autres, pour caler le projet en fonction des réseaux existants, s'adapter à une modification du bâti.... L'informatique apporte un langage commun grâce à des logiciels standards de conception assistée par ordinateur tels qu'Autocad. Ce langage commun est d’ailleurs de plus en plus exigé dans les appels d’offre.

2.      Infographie et créativité

"L'informatique produit un rendu plat et sans personnalité", entend-on souvent. Il est vrai que les logiciels de production de plans sont limités aux couleurs et types de ligne prévus par l'éditeur. Mais on peut les personnaliser notamment en enrichissant la bibliothèque d'objets.

Il en est autrement des logiciels de création graphique. Aujourd'hui ces logiciels, couplés à des tablettes à digitaliser permettent au dessinateur de retrouver sa liberté de geste et lui apportent des outils graphiques nouveaux.

3.      Un outil plus souple

Une comparaison entre une pratique intégrant l’informatique et une pratique purement manuelle devient de plus en plus stérile, tant il est vrai que la pratique purement manuelle tend à disparaître dans les bureaux d’étude. On peut cependant avancer que, si l’informatique n’apporte pas grand chose en termes de productivité lors du premier jet, elle prend tout son sens dans les modifications et mises à jour, bien plus rapides et plus commodes.

Citons d’autres facilités telles que le choix de l’échelle d’impression, indépendant de la réalisation proprement dite du dessin, une cotation précise et rapide, etc.

4.      Un outil nouveau

L’infographie paysagère apporte des fonctions inédites, détaillées plus loin, tant dans le domaine technique qu’artistique. Certains ont abordé ce sujet en terme de concurrence entre une pratique traditionnelle dite plus sensible, plus artistique et une pratique technologique, plate et tueuse de créativité.

On peut certes admettre que les premières rélisations sorties des traceurs au début des années 90 manquaient quelque peu de sensibilité artistique. Cependant les techniques sont de moins en moins contraignantes ; et n’est-ce pas, de tout temps, le propre de l’artiste de détourner la technique au profit de l’art ? L’informatique n’est qu’un moyen d’expression supplémentaire qui n’a ni plus ni moins de légitimité que le pinceau ou le fusain.

B.   Les domaines de l'infographie paysagère

1.      Concevoir

En réalité la conception proprement dite se passe dans l’esprit du concepteur, selon des principes exposés dans d’autres parties de cet ouvrage. L’infographie peut servir la conception  en exprimant l’idée (dessin, communication) et en vérifiant sa validité (simulation, mesure).

2.      Dessiner pour réaliser

La production de plans de réalisation est la base de l’infographie paysagère. De nombreux logiciels couvrent aujourd’hui ce créneau. On peut cependant distinguer plusieurs catégories :

·         2D ou 3D : Le logiciel sait ou ne sait pas dessiner en trois dimensions. Parfois il existe un «module 3D » indépendant, ce qui est peu pratique. Parfois encore les possibilités de dessin en 3D existent, mais elles sont réduites. Mais a-t-on besoin de dessiner en 3 dimensions ? Si l’objectif est uniquement de produire des plans et qu’on ne tient pas compte du relief, la réponse est non. A l’inverse, dès que l’on commence à parler de terrassements, de visualisation en perspective, voire de passage à l’image de synthèse, la 3D s’impose. Il existe une version limitée (et moins chère) d’Autocad, nommée Autocad LT, qui ne dessine qu’en 2D mais sait modifier en 2D un dessin 3D issu de la version complète.


 


·         Logiciel métier ou généraliste ? Le logiciel existant est-il utilisé en l’état par des dessinateurs en paysage, en mécanique, en électronique ou sont-il spécifiques au paysage ? En réalité tous les intermédiaires existent. C’est pourquoi il est bien difficile de distinguer DAO (Dessin Assisté par Ordinateur) et CAO (Conception Assistée par Ordinateur).

Dans cette palette, les logiciels montrent une progression de l’aspect « métier ».Les plus généralistes n’offrent que des éléments de bibliothèque adaptés au paysage (Autocad, Microstation, Minicad, CadKey, TurboCad…) . Les plus professionnels (SiteDesigner, LandDesigner, Landscape, eux-mêmes basés sur des logiciels généralistes tels que Autocad et Microstation) offrent une gamme de fonctionnalités parmi lesquelles la saisie ou la récupération de données topographiques 3D, le calcul du relief (triangulation, grille, courbes de niveau) et des terrassements, la gestion d’une véritable base de données végétale avec association de données techniques non graphiques, la réalisation automatique des bordereaux de plantation, le calcul des plans d’irrigation, etc.

3.      Compter, mesurer

Les logiciels de dessin les plus professionnels calculent automatiquement :

·         Des longueurs (cloture…)

·         Des aires (pelouse, parking…)

·         Des volumes (déblai-remblai…)

·         Des coûts (extraction du métré, association avec un tarif, réalisation de devis…)

·         D’autres logiciels non graphiques permettent aussi de déterminer des temps de travaux.

4.      Simuler

·          Le calcul automatisé des déblais-remblais, le métré automatisé d’un projet permettent d’adapter le projet aux moyens techniques et financiers disponibles.

·         La visualisation d’un modèle 3D validera ou non la perspective recherchée. L’aménagement de tel rond-point permettra-t-il à l’automobiliste de se situer suffisamment tôt, et de s’orienter correctement lorsqu’il sera engagé ?

·         L’image de synthèse permet de communiquer un projet mais aussi de le simuler. Le logiciel AMAP, décrit par ailleurs, permet par exemple de vérifier que la végétation plantée aux abords d’une ancienne carrière permettra de masquer celle-ci, et au bout de combien de temps.

5.      Communiquer

La qualité de la communication du projet conditionne bien souvent son acceptation ou son rejet par le commanditaire. Des erreurs, des malentendus, des insatisfactions peuvent ainsi être évités. C’est particulièrement le cas lorsque le commanditaire est un collège d’élus, peu rompus à la lecture des plans. On a vu des projets importants, illustrés par l’image de synthèse, faire l’unanimité contre eux non pas parce que l’image était de mauvaise qualité, mais parce qu’elle avait permis au public de se rendre compte que ces projets s’écartaient de son aspiration.

a)     Supports de communication

·         Les logiciels d’image de synthèse, tels que 3dStudioMax partent d’objets dessinés en 3D (importé d’un autre logiciel ou dessiné directement) et y ajoutent matériaux (texture, reflection, transparence, rugosité…), mouvement et lumières. Une ou plusieurs caméras virtuelles photographient ou filment ce modèle et produisent images de synthèse ou animations.

C’est un gros travail que de créer à partir de rien un modèle complet en vue de faire de l’image de synthèse. Cependant une bonne partie du travail a souvent été réalisée précédemment lors de la production de plans, pour peu que l’on ait employé un logiciel de dessin 3D tel qu’Autocad. Il suffit d’importer la géométrie 3D des objets qu’on souhaite illustrer par l’image de synthèse.

Les logiciels de dessin 3D comportent eux-mêmes de plus en plus souvent des fonctionnalités d’image de synthèse. Elles suffiront si on n’a pas à produire des images de synthèse intensivement ou sur des modèles compliqués, et si le temps de calcul n’est pas un critère important.

·         Le logiciel AMAP qui produit lui aussi de l’image de synthèse, mérite une description particulière. Basé sur un modèle mathématique et de nombreuses mesures botaniques, il sait modéliser quelques centaines de plantes en 3D et en image de synthèse. On peut modéliser le même individu à différents âges, aussi bien que des individus différents de même espèce au même âge. On peut aussi tailler ces plantes virtuelles.

Il sait également modéliser des terrains d’après les relevés topographiques, texturer ces terrains ainsi que les éléments d’architecture importés d’autres logiciels.

Il permet enfin d’assembler végétaux, terrain, éléments d’architecture, lumières en une scène unique afin d’en tirer des images de synthèse.

Grâce à ses algorithmes propres, AMAP est actuellement le seul logiciel sachant modéliser un paysage comportant un nombre quelconque de plantes en 3D. Les autres s’essouflent à une dizaine de plantes, voire moins. En effet, il faut avoir à l’esprit que si un bâtiment compte quelques centaines de polygones, une plante un tant soit peu réaliste en compte des centaines de milliers.

·         Les logiciels de retouche photographique sont souvent pour un bureau d’études le moyen de faire les premières armes en infographie.

A partir d’une photographie de l’existant, ces logiciels (tels que Photoshop) permettent d’effacer les éléments à supprimer et d’implanter par photomontage les nouveaux éléments. D’un maniement simple, ces logiciels produisent un résultat d’un réalisme suffisant en un temps record. Il faut cependant de l’expérience et du talent pour produire une image de qualité. L’inconvénient est que si l’on change de perspective il faut tout reprendre à zéro.

On utilise avantageusement ce type de logiciel en association avec un logiciel d’image de synthèse.

·         Le bureau d’étude peut avoir à réaliser brochures, dépliants, affiches pour l’information du public. Les logiciels de dessin artistique, tels que Corel Draw permettront de réaliser shémas et plans, et de PAO (Publication Assistée par Ordinateur) tels que Xpress aideront à la mise en page de ces documents.
Dans le même ordre d’idées, la création d’un site web , de CDRom ou de bornes interactives peut-être abordée à l’aide de logiciels spécialisés tel que Frontpage (site Web) ou Director.

b)     En amont et en aval

Communiquer c’est rendre le projet perceptible par le commanditaire. C’est aussi dialoguer avec les autres partenaires du projet. A cet égard, les technologies de l’information et de la communication (corrier électronique, internet) autorise une réactivité très performante. Par exemple envoyer son projet à un architecte, recevoir des demandes de modification, réaliser une (courte) mise à jour, et renvoyer à nouveau le résultat peut se faire dans la journée.

c)     Réalité et virtualité

De plus en plus l’image de synthèse fait partie de notre culture.

Chacun est habitué à voir au cinéma ou à la télévision des images de synthèse de plus en plus soignées. Cela devient un mode d’expression courant qu’il faut savoir intégrer dans les pratiques du bureau d ‘étude.

Cependant une certaine prudence est de mise : une image est toujours virtuelle. Il en est de l’infographie paysagère comme de la peinture ou de la photographie : l’image n’est pas la réalité mais seulement une représentation, une interprétation de celle-ci. Or les progrès notamment de l’image de synthèse pourraient nous inciter à faire du « tape à l’œil » pour vendre plutôt que du « parlant », fût-il artistiquement réussi, pour expliquer le projet.

Est-il plus satisfaisant de montrer un futur aménagement de rond-point vu d’un hélicoptère en pleine voltige ou plutôt vu à la place d’un automobiliste roulant à vitesse normale ? Peut-être faut-il même placer un élément qui fasse volontairement «faux» dans la scène, pour rappeler qu’il ne s’agit pas d’une prévision rigoureuse, et que l’image n’est pas contractuelle.

6.      Interroger

Le travail du bureau d’études peut aussi être de rassembler des informations disponibles sur un paysage et de les rendre disponibles à partir d’une carte affichée  à l’écran.

Un logiciel associant une base de données à une carte s’appelle un SIG (Système d’Information Géographique).

Par exemple on pourra construire le SIG d’une vallée de manière à pouvoir répondre graphiquement aux questions suivantes : Quelles sont les parcelles qui ruissellent dans la rivière ? Sont-elles entourées de haies ? Quelles sont les zones constructibles ? etc.

ArcInfo, Mapinfo, Géoconcept, Autodesk World sont des logiciels permettant de construire des SIG.

C.   Types de logiciels

Le tableau ci-dessous n’a certes pas l’ambition d’être exhaustif, ni même de représenter un palmares des meilleurs logiciels. Il en montre simplement une large palette couvrant les domaines  énumérés ci-dessus.

 

Dessin 2D

Dessin 3D

Bibliothèque

Topo

Terrassement

Trinagulation, courbes de niv.

Plan plantation

+ Bordereaux

Métré, devis

Retouche d’image

Modélisation des Végétaux

Image de synthèse

SIG

Autocad LT

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Autocad

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Site Designer

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LandDesigner

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Photoshop

               

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3dSudioMax

 

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MAPinfo

                     

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AMAP

   

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III. Intrégration de l'infographie en bureau d'études

A.   Les bonnes questions

1.      Quel domaine informatiser?

Dans les domaines de l’infographie paysagère cités ci-dessous, lesquels semblent prioritaires ? On ne peut tout aborder à la fois, il va falloir choisir en fonction des spécificités du bureau d’études.

2.      Quel équipement conviendra?

a)     Logiciel

Après avoir déterminé le champ d’intervention de l’infographie dans le bureau d’études, celui-ci recherche les logiciels qui couvrent ce champ. C’est du  logiciel que découle le matériel et non l’inverse. De plus cela entraînera le choix du système d’exploitation de l’ordinateur (MacOs, Windows, Linux…)

b)     Matériel

C’est donc le logiciel retenu qui dicte le choix du matériel. Dans la description d’un logiciel, on trouve toujours la « configuration minimum requise » souvent insuffisante pour travailler dans des conditions correctes. Un matériel adapté à l’infographie  sera nécessairement plus performant, et donc plus cher, qu’un matériel adapté à la bureautique. Sans rentrer dans des considérations techniques trop détaillées (vite obsolètes), on sera attentif aux éléments suivants :

·         Type et fréquence d’horloge du processeur. C’est le critère numéro un de performance du matériel.

·         Quantité de mémoire vive, taille du disque dur.

·         Qualité et caractéristiques (quantité de mémoire vidéo, OpenGL, etc) de la carte graphique. La carte graphique est l’élément de l’ordinateur qui calcule l’image affichée par l’écran. Elle importe peu si on ne fait que du dessin 2D. Dans tous les autres cas, son choix déterminera en grande partie la qualité et la rapidité d’obtention du résultat.

·         Qualité et dimensions de l’écran (ou moniteur). Comme sur les téléviseurs, c’est la diagonale qui est mesurée. Elle se compte en pouces. Comptez un moniteur 17 pouces au strict minimum, voire 19 ou 21 pouces. Cela a un impact certain sur le prix de la configuration. Mais un bon choix peut diminuer la fatigue visuelle et apporter un confort de travail productif. De plus un moniteur peut s’amortir sur une durée plus longue (6 ou 7 ans) que l’ordinateur (3 ou 4 ans).

·         Si on a à reprendre des éléments à partir de plans sur papier, une table à digitaliser rendra de grands services. On scotche le plan sur la table à digitaliser et on « décalque » celui-ci sur l’écran  en suivant le tracé avec une souris munie d’une cible. Il existe des tables à digitaliser de dimensions A5 jusqu’à A0.

·         Même si on peut aussi théoriquement reprendre des tracés à l’aide d’un scanner, c’est beaucoup moins rapide et moins commode. Cependant un bon scanner sera indispensable dans l’optique de la retouche photographique.

·         Outre une imprimante classique pour les besoins courants, il faudra se munir d’un traceur de dimensions suffisantes (de A4 jusqu’à A0) selon les besoins du bureau d’études. La plupart font également imprimante et fonctionnent par jet d’encre. On préfèrera un modèle à 4 cartouches (les 3 couleurs de base + 1 noire) plus chère à l’achat mais plus économique à l’usage.

c)     Communication

Prévoir un accès internet et la connexion au réseau local du bureau d’études. Ne pas négliger les aspects de sécurité (confidentialité, identification, protection contre les intrusions et les virus). Il existe des moyens efficaces de répondre à ces préoccupations. Sans en faire une obsession il faut se prémunir et intégrer ces précautions dans l’usage quotidien.

3.      Qui sera concerné?

a)     A l'intérieur du bureau d'études

Le ou les futurs utilisateurs seront avantageusement associés au choix de la solution. Parfois l’arrivée de l’infographie modifie notablement leur travail. Ils sont donc bien placés pour faire des remarques sur l’usage concret de ce système.

b)     A l'extérieur

Les commanditaires, les autres partenaires liés à un projet peuvent influer, voire dicter le choix du logiciel dans un souci d’harmonisation et d’efficacité.

Il faudra bien sûr un ou des  fournisseurs informatiques aptes non seulement à fournir matériel et logiciel adaptés mais aussi à assurer la maintenance. Si l’on peut simplifier la maintenance en prenant un seul fournisseur, il faudra être attentif aux indispensables contrats de maintenance (pour le matériel, voire le logiciel). Le coût n’est pas le seul critère de choix : la rapidité d’intervention et la compétence de la maintenance sont primordiales.

4.      L'aspect financier

Le coût de la solution retenue est assez facile à calculer. Amortissement du matériel, consommables, contrat de maintenance, électricité, etc. Par contre il est très difficile de déterminer a priori combien cela va rapporter. Comment apprécier le fait qu’on n’aurait pas pu répondre à tel appel d’offre si on avait dû  travailler à la main ? Comment quantifier l’impact d’une image de synthèse sur le choix du client ?

En réalité, la somme à investir, si elle reste adaptée aux moyens de l’entreprise, n’est pas le plus grand obstacle. Les bureaux d’études ont davantage de difficulté à acquérir des compétences dans ces nouveaux outils.

B.   Comment s'y prendre?

1.      S'informer

Les salons professionnels, les bulletins et revues sont de bonnes sources d’information. Rien ne vaut cependant l’expérience des confrères un peu plus avancés, ne serait-ce que pour éviter de refaire les mêmes erreurs !

2.      Se former

Apprendre à choisir, à utiliser les logiciels choisis dans un centre spécialisé dans le paysage. La formation devra être investie immédiatement, mais progressivement dans la pratique quotidienne.

3.      Choisir

Après avoir réuni toutes les informations nécessaires, choisir une solution informatique en reprenant les « bonnes questions » énumérées ci-dessus.

4.      Utiliser, Adapter

Suit l’intégration du nouvel outil dans le bureau d’études. Après une phase plus ou moins longue d’adaptation où l’on perd plus de temps qu’on en gagne, l’exploitation du logiciel procure un sentiment provisoire d’euphorie (comment a-t-on pu s’en passer jusque là ?) suivi assez rapidement d’un agacement certain (pourquoi telle fonctionnalité est-elle absente, pourquoi est-si peu commode ?) signe que l’infographie est définitivement intégrée !

5.      ...Recommencer!

Aucune solution n’est définitive. Les logiciels évoluent au rythme d’une nouvelle version tous les dix-huit mois environ. Le matériel est obsolète au bout de trois ou quatre ans. Même si tout cela fonctionne aussi bien qu’au premier jour, de nouveaux besoins sont apparus qui poussent le bureau d’études à remettre en cause la solution exploitée jusque là. La boucle est bouclée…

IV. Conclusion

Ce tour d’horizon de l’infographie paysagère ne prétend pas être définitif. Tout cela évolue régulièrement. Nous serions bien surpris si, par exemple, l'on ne pouvait  prochainement visiter virtuellemnent le projet, soit pour vérifier quelques hypothèses de conception, soit pour faire « goûter » celui-ci aux utilisateurs finaux !

Toutefois, même si l’évolution des pratiques au sein du bureau d’études s’est avèrée vertigineuse en quelques décennies, les qualités de créativité, de connaissances et de rigueur sont toujours requises dans un métier dont finalement les fondements restent les mêmes.